L’automate et son maître

« Poisson soluble » apparaît comme l’emblème des heurs et malheurs du surréalisme : il tente de répéter la première rencontre sublime des « Champs magnétiques » en conjurant, par le choix de stéréotypes narratifs, la menace du poncif; il ouvre la voie à la simulation à l’un des moments clés de l’histoire de l’automatisme surréaliste. S’il doit beaucoup à l’expérience psychiatrique et clinique de Breton autant qu’aux leçons de création projective de Léonard, d’Achim von Arnim ou d’Alexandre Cozens, l’étude des modèles narratifs fait clairement apparaître l’ambivalence du recueil, déchiré entre la tentation du poème et la dérision du cliché, entre l’aveu de l’angoisse de la sexualité et la revendication officielle du désir.

Auteur
Berranger Marie-Paule
Référence
RB121991-03
Écritures, Libourne, 1990
Catégories
Littérature
Psychanalyse
Écriture
Peinture