Un peintre se peint. La toile, sur un chevalet, est posée devant lui ; auprès de la toile, à gauche, à droite, peu importe, un miroir.
Peintre, il pose. Modèle, il peint.
Le peintre se regarde. Le regard peint n’est pas vacant ; il est le regard de qui se regarde, regard qui épie. De touche en touche, le regard se parfait, comme le portrait qui le cerne. Les mèches et leurs ombres s’ordonnent autour du front, des tempes ; le nez. l’épaisseur des lèvres, l’arcade sourcilière, un cerne, le menton, ombrent une tempe, une paupière, une pommette, le cou. Le teint de la peau, sous la lumière et l’ombre, varie.
Le portrait est achevé. Le peintre regarde son portrait ; il regarde le miroir. Tout est du peintre, par le peintre, à propos du peintre. Le portrait regarde le peintre. “Ils se ressemblent parfaitement sans qu’il soit possible de dire lequel a apporté à l’autre sa similitude.”
Passe le temps, meurt le peintre.
Pour lire le texte complet s’inscrire ou se connecter
| Auteur |
|---|
| Bonafoux Pascal |
| Référence |
|---|
| RB081987-01 L’autoportrait, Albi 1986 |
| Catégories |
|---|
| Histoire Esthétique Phénoménologie Peinture Mythologie |





