Le ravissement chez Marguerite Duras

Une disposition d’accueil de l’inspiration


Lorsque M. Duras s’asseoit à sa table d’écriture, elle ne part pas d’une histoire mais d’un lieu qui deviendra le lieu du livre. A partir de cet ancrage le créateur va tenter de retrouver le lieu d’un premier ravissement et de l’inscrire comme celui d’une naissance jusqu’ici non localisable (La vie matérielle p.70). C’est de cette place intenable que M. Duras écrit la fin du Ravissement de Lol V Stein en mettant en place un dispositif spéculaire qui tend à réactualiser une situation de déréliction. Assise près de la fenêtre face à la mer, elle cherche « un lieu pour se perdre » en ouvrant un espace d’indétermination vers lequel va s’orienter le regard au-delà de l’espace délimité par la maison.

Auteur
Ferières-Pestureeau Suzanne
Référence
JNP011996-06
Expression et savoirs, Paris 1996
Catégories
Littérature
Écriture
Psychanalyse