Parier des témoignages photographiques que des psychiatres nous ont laissés de leurs malades, c’est toujours courir le risque de faire passer le contenu de ces témoignages – c’est-à-dire les malades photographiés eux-mêmes – avant la particularité de l’intérêt qui a pu justement pousser ces psychiatres à les photographier. Un peu comme si. face à un psychiatre qui dessinerait ses malades, notre étude se limitait aux types pathologiques qu’il a figurés sans questionner le sens de cette démarche figurative. Il est vrai qu’avec la photographie nous avons à affronter un fort préjugé culturel : la photographie en effet se donne pour « être le vrai ». Roland BARTHES nous a heureusement montré qu’aucune photographie ne saurait justement s’y réduire.
Avec les photographies de CLÉRAMBAULT, nous sommes obligés de nous dégager radicalement d’un tel regard qui tenterait de se faire oublier lui-même en constituant son objet en témoignage psychopathologique. Ce regard en effet est celui d’un psychiatre, et de l’un des plus grands, mais tourné sur un objet absolument hétérogène à son approche psychiatrique, le vêtement traditionnel marocain.
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| Auteur |
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| Tisseron Serge |
| Référence |
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| RB061985-02 Conscient et inconscient de la photographie, Châlon 1984 |
| Catégories |
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| Anthropologie Psychanalyse Psychiatrie Photographie Étude de cas |





